Accompagner au quotidien un enfant en situation de handicap conduit souvent un parent à lever le pied professionnellement, voire à s’arrêter de travailler. Pour que ces périodes ne pénalisent pas la future retraite, il existe un dispositif gratuit : l’assurance vieillesse des aidants (AVA). Service-Public.fr a mis à jour son information sur le sujet le 20 octobre 2026. Voici, pour les familles, ce qu’il faut retenir et surtout quoi vérifier.
L’essentiel
- L’assurance vieillesse des aidants permet de valider des trimestres de retraite de base sans cotiser, pendant les périodes où l’on accompagne un proche gravement malade ou handicapé.
- Un parent d’un enfant de moins de 20 ans en situation de handicap peut être concerné, sous conditions de taux d’incapacité et de ressources.
- L’affiliation est automatique si les ressources du foyer sont inférieures à un seuil fixé par rapport au plafond de la Sécurité sociale.
- Dans les autres cas, il faut en faire la demande auprès de sa Caf ou de sa MSA.
- Le dispositif est gratuit et dure tant que les conditions restent remplies.
De quoi s’agit-il exactement ?
Quand un parent réduit son temps de travail ou cesse son activité pour s’occuper d’un enfant lourdement handicapé, il ne cotise plus (ou moins) pour sa retraite. L’assurance vieillesse des aidants a été créée pour combler ce trou : l’État prend en charge, sous conditions, la validation de trimestres de retraite de base au titre de ces périodes d’accompagnement. Le parent n’a donc pas à verser de cotisation : les trimestres sont acquis gratuitement.
Ce mécanisme couvre l’accompagnement d’un enfant comme d’un adulte gravement malade ou en situation de handicap. Pour les familles, c’est la situation d’un enfant de moins de 20 ans qui est la plus concrète.
Quels parents peuvent en bénéficier ?
D’après Service-Public.fr, un parent peut relever de l’assurance vieillesse des aidants s’il assume la charge d’un enfant de moins de 20 ans dans l’une de ces situations :
| Situation de l’enfant | Condition | Affiliation |
|---|---|---|
| Enfant handicapé non admis en internat | Taux d’incapacité d’au moins 80 % | Automatique si ressources sous le seuil |
| Enfant handicapé | Taux d’incapacité entre 50 % et 79 %, avec perception du complément d’AEEH ou de la PCH | Automatique si ressources sous le seuil |
| Autres cas d’aidant (congé de proche aidant non indemnisé, etc.) | Selon la situation | Sur demande à la Caf ou à la MSA |
Bon à savoir : AEEH et PCH, de quoi parle-t-on ?
L’AEEH (allocation d’éducation de l’enfant handicapé) est une aide versée par la Caf pour aider à couvrir les frais liés au handicap d’un enfant. La PCH (prestation de compensation du handicap) finance, elle, des besoins précis (aide humaine, aménagements, matériel). Ces deux prestations sont attribuées par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), qui fixe aussi le taux d’incapacité de l’enfant. C’est ce taux qui sert de référence pour l’assurance vieillesse des aidants.
Comment en profiter concrètement ?
Tout dépend des ressources du foyer :
- Ressources modestes : si les revenus du foyer sont inférieurs à 63 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, l’affiliation se fait automatiquement, sans démarche particulière de votre part.
- Au-dessus de ce seuil, ou dans les autres situations d’aidant (congé de proche aidant non indemnisé, accompagnement d’un adulte handicapé…) : il faut déposer une demande auprès de votre caisse d’allocations familiales (Caf) ou de la Mutualité sociale agricole (MSA) si vous relevez du régime agricole.
À noter : pour les affiliations liées au congé de proche aidant ou à l’allocation journalière du proche aidant (AJPA), la durée prise en compte est plafonnée à 264 jours sur l’ensemble de la carrière. Pour l’accompagnement d’un enfant handicapé, l’affiliation se poursuit en revanche tant que les conditions restent réunies.
Comme toujours pour les questions de retraite et d’aides, les règles dépendent de votre situation personnelle. Avant toute démarche, le mieux est de vérifier votre éligibilité et les justificatifs demandés auprès des organismes officiels.
Où trouver l’information officielle
- La fiche d’actualité et les conditions détaillées sur Service-Public.fr.
- Votre Caf (ou votre MSA) pour une demande d’affiliation et vos droits aux prestations liées au handicap.
- Votre compte retraite sur info-retraite.fr pour vérifier les trimestres déjà validés.
Pour aller plus loin, retrouvez nos repères sur les aides du quotidien, comme l’aide à domicile que la Caf peut financer en cas de coup dur, ou encore le passage de la carte d’invalidité à la carte mobilité inclusion (CMI) avant la fin de l’année.
