Depuis juillet 2024, chaque appareil connecté vendu neuf en France doit proposer un outil de contrôle parental gratuit dès sa première mise en service. Smartphones, tablettes, consoles, box internet : la plupart de ces outils sont déjà à votre disposition, sans rien installer de plus. Voici comment les repérer, ce qu’ils permettent vraiment, et comment bien les activer pour accompagner vos enfants sur les écrans.
L’essentiel
- Depuis le 13 juillet 2024, tout appareil connecté neuf vendu en France doit proposer un contrôle parental gratuit lors de sa première mise en service (loi dite « loi Studer »).
- Ces outils existent sur les smartphones, tablettes, ordinateurs, téléviseurs connectés, consoles et liseuses disposant d’un magasin d’applications.
- Ils permettent de filtrer les contenus, limiter le temps d’écran et encadrer les téléchargements.
- Ils ne remplacent pas le dialogue ni la vigilance des parents, et les données collectées ne peuvent pas être utilisées à des fins commerciales.
Ce que la loi impose depuis 2024
La loi du 2 mars 2022, dite « loi Studer », oblige les fabricants à intégrer un dispositif de contrôle parental sur les appareils connectés commercialisés en France. Son décret d’application est entré en vigueur le 13 juillet 2024 : depuis cette date, l’appareil doit vous proposer d’activer gratuitement ce contrôle dès la première mise en service, de façon accessible et compréhensible.
Concrètement, ce dispositif permet de bloquer le téléchargement et l’accès aux applications ou contenus inadaptés proposés via les boutiques d’applications. À noter : les sites internet ouverts depuis un navigateur ne sont pas couverts par cette obligation, seuls les contenus passant par les magasins d’applications le sont. La règle ne s’applique par ailleurs qu’aux appareils neufs vendus après le 13 juillet 2024. Pour un appareil plus ancien, les mêmes réglages existent le plus souvent, mais c’est à vous de les activer.
Les principaux outils, appareil par appareil
La bonne nouvelle, c’est que l’essentiel est déjà intégré à vos appareils et à votre box, sans abonnement supplémentaire. Voici un panorama des solutions gratuites les plus courantes.
| Appareil | Outil intégré | Ce qu’il permet |
|---|---|---|
| iPhone et iPad (Apple) | Temps d’écran | Limites de durée par application, restrictions d’achats et de contenus par âge, pause programmée |
| Smartphone et tablette Android | Google Family Link | Suivi et limites de temps, validation des téléchargements à distance, localisation de l’appareil |
| Ordinateur Windows ou Mac | Microsoft Family Safety / Temps d’écran | Limites d’utilisation, rapports d’activité, filtrage des sites et des applications |
| Consoles (Switch, PlayStation, Xbox) | Contrôle parental du constructeur | Limite de temps de jeu, restriction par âge (PEGI), blocage des achats et du tchat |
| Box internet (Orange, Free, SFR, Bouygues) | Contrôle parental de l’opérateur | Filtrage des sites au niveau de la connexion du foyer, plages horaires d’accès |
| Téléviseur et plateformes vidéo | Profils enfants et code parental | Catalogue jeunesse dédié, verrouillage des contenus adultes par code |
Bien démarrer en pratique
- Créez pour l’enfant un compte dédié (compte enfant Apple, Google ou Microsoft), distinct du vôtre, afin d’appliquer des réglages adaptés à son âge.
- Réglez des limites de temps réalistes et des pauses (repas, nuit, devoirs), plus faciles à tenir qu’une interdiction totale.
- Activez le filtrage par âge pour les jeux et les vidéos, en vous appuyant sur les classifications officielles.
- Consultez régulièrement les rapports d’activité et ajustez au fil du temps : les besoins d’un enfant de 8 ans et d’un adolescent ne sont pas les mêmes.
Bon à savoir
Le sigle PEGI (Pan European Game Information) indique l’âge minimum conseillé pour un jeu vidéo : 3, 7, 12, 16 ou 18 ans. C’est un repère utile pour paramétrer une console. Autre point important : le contrôle parental de la box filtre les appareils connectés en Wi-Fi à la maison, mais il n’agit pas sur les données mobiles (4G/5G) d’un smartphone en dehors du domicile. Pensez donc à activer aussi le contrôle directement sur l’appareil de l’enfant.
Un outil, pas une barrière
Les autorités le rappellent : le contrôle parental est « un outil supplémentaire à la disposition des parents », qui ne remplace ni le dialogue ni l’accompagnement. Expliquer pourquoi certaines limites existent, s’intéresser à ce que les enfants regardent et jouer avec eux reste le plus efficace. Ces réglages sont particulièrement utiles pour les plus jeunes ; à l’adolescence, mieux vaut privilégier la confiance et la discussion, en gardant quelques garde-fous.
Ces solutions complètent d’autres réflexes déjà utiles au quotidien, comme le choix des équipements connectés adaptés aux enfants ou l’usage des profils enfants des plateformes de streaming. Elles participent aussi à un meilleur équilibre autour des écrans, un sujet directement lié au bien-être des enfants et des adolescents.
Pour connaître le détail de vos droits et retrouver des guides de paramétrage pas à pas, consultez la fiche officielle sur service-public.gouv.fr ainsi que la plateforme publique jeprotegemonenfant.gouv.fr.
